CH0205
Claverie
| Adresse | 80 boulevard de la plage*, Arcachon, Gironde |
| Début d'activité | 1878 |
| Fin d'activité | 1962 |
* Aujourd’hui 52 boulevard de la plage
Pour tous les plaisanciers du XXe siècle, le nom de Claverie évoque le plus grand fabricant de voiles français et l’un des plus renommés au monde.
Antoine Claverie, né en 1842 à Podensac (Gironde), est à l’origine de cette célèbre entreprise : il est voilier de profession. En 1878, il crée sa propre fabrique dans les locaux qu’il loue pour sa famille dans une grande maison du bord de mer, située au 80 boulevard de la plage à Arcachon. Après des débuts assez modestes, ses affaires prennent une véritable expansion lorsqu’il a l’opportunité d’acheter l’ensemble du bâtiment. Le rez-de-chaussée est dédié à sa famille : son épouse, ses trois fils et sa fille, tandis que l’étage accueille les machines à vapeur pour coudre les voiles.
Depuis les années 1820-1830, des bains de mer existent à Arcachon et ces derniers proposent un ensemble de divertissements à leur clientèle dont des promenades en bateau et à partir des années 1840 des courses d’embarcations. Les investissements des frères Pereire et l’arrivée de leur ligne de chemin de fer amènent la naissance de la ville en 1857 qui reçoit la visite de l’Empereur deux ans plus tard. La fréquentation des villégiateurs, des touristes et des sociétés nautiques bordelaises, qui y viennent en régate, favorise le développement d’une construction de plaisance locale. En 1866, la Société des Régates d’Arcachon est fondée. Elle devient le Yachting Club d’Arcachon en 1873. Arcachon devient un rendez-vous incontournable de la saison des régates.
L’entreprise Claverie semble être mentionnée pour la première fois, en 1886, dans l’Annuaire de poche de Bordeaux et Arcachon, Royan, Soulac... Deux autres voiliers arcachonnais y sont cités : Coillac et Lequesne. Aidé de ses trois fils, Antoine Claverie fait grandir son affaire, qui accompagne l’essor du yachting à partir de la fin du XIXe siècle.
La voilerie est le fournisseur tout désigné des chantiers navals de la région : Auroux, Barrière, Bert, Bonnin, Bossuet… Elle devient rapidement incontournable sur le marché français. Sa renommée est également internationale : elle fournit de nombreuses voiles notamment aux amateurs d’Europe, d’Égypte ou d’Amérique du Sud.
En 1920, à la mort de leur père, les trois fils d’Antoine Claverie : Jean-Joseph (né à Bordeaux en 1873), Jean-Baptiste dit Maurice (Bordeaux 1876) et Jean-Ferdinand dit Daniel (Arcachon 1878) reprennent les rênes de l’entreprise, dont ils deviennent cogérants sept ans plus tard. Puis en 1942, Jean-Joseph, l’aîné de la fratrie, est nommé seul gérant officiel à l’âge de 74 ans. Dans les faits, c’est son neveu Georges (1903), fils de Jean-Ferdinand, qui dirige l’entreprise depuis plusieurs années.
Celui-ci reste seul aux commandes après le départ de son père et de ses oncles. Bien que radiée du Registre du Commerce du Greffe de Bordeaux en 1958, la voilerie poursuit son activité pendant quelques années encore. Georges Claverie prend sa retraite en 1962, il finit par trouver comme repreneur un fabriquant de bâches et de tauds. Mais celui-ci n’est pas pas spécialisé dans la fabrication de voiles, son affaire ne dure que quelques années.
Gérard Krebs
octobre 2026
Source
Giraud Nadia, « La voilerie Claverie, Villa Bon Air à Arcachon », Bulletin de la Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buc, n° 198, novembre 2023, pages 57 à 63.
Publié le 24 octobre 2026


