Le Carré des Canotiers > Inventaires > Constructeurs > Lemaire, Ernest et Auguste
  • L’Île Fleurie vue depuis Nanterre avant 1914. Coll. part.
  • Ernest Lemaire papier à en-tête de l’Île Fleurie daté de 1901. AAMF Chatou
  • L’Île Fleurie ensemble des installations. Les panneaux du garage flottant indiquent Chasse - Garage - Pêche - Banquets Noces et Sociétés (coll. part.)
  • Péniche tirée à terre servant de garage avec des lunes, triste et joyeuse, à l’entrée ; au 2e plan, bachot des Sauveteurs hospitaliers de France (coll. part.)
  • Le garage flottant de l’Île Fleurie par Ferdinand Lunel dans Le Courrier français du 3 juin 1894 (source Gallica)
  • Fresque de Joseph Faverot et le piano de la salle de bal à la toiture écroulée en 1987. (c) Frédéric Delaive

CH0046

Lemaire, Ernest et Auguste

AdresseL'île Fleurie, (par Nanterre)
Début d'activité 1886
Fin d'activité 1943

Ernest Lemaire est le fondateur en 1886 du chantier de construction et des établissements de « L’Île Fleurie » (à l'époque, c'est encore la Grande île de Chatou) sur la rive gauche de l’île sur laquelle on accédait depuis Nanterre par un bac.
Ernest est né à Pontoise en 1852. En 1866, il est enregistré comme apprenti charpentier chez Alphonse Fournaise à Chatou. Il a 14 ans (registre de recensement de population Chatou).
En 1881, il est toujours chez Fournaise sur la Grande Île de Chatou. Le registre le désigne comme « employé charpentier de bateaux ». À cette date, il est marié avec Adèle Etourneau, une cuisinière. Leur fils, Auguste, est né en 1879.
En 1886, Ernest Lemaire figure sur le registre de recensement de Carrières sur Seine dans la rubrique « maisons éparses ». Le couple Lemaire est enregistré comme « marchand de vin ».
En 1896, Ernest est désigné « constructeur de bateaux ». En 1901 et en 1906, le registre le mentionne comme restaurateur.
Le tournant du siècle semble prospère pour « L’Île Fleurie » environnée de ses grands arbres. Nombres de cartes postales témoignent de cette époque : on y remarque l’atelier, les garages à sec et sur bateaux flottants, l’hôtel restaurant, la grande salle de bal ornée d'une fresque, une Noce à la campagne, par Joseph Faverot aujourd'hui disparue tout comme les restes de l'établissement sous l'A14. D'autres artistes, comme Ferdinand Lunel qui y dessine les préparatifs d’une yole, fréquentent l'Île Fleurie.
Lors de la crue de 1910, l’établissement a été submergé.
En 1921, Auguste, le fils d’Adèle et Ernest, est en charge des établissements de « L’Île Fleurie » et le nom des époux n'apparaît plus dans les registres.
En 1930, son papier à en-tête précise qu'il faut toujours « appeler le passeur » mais que le restaurant possède le téléphone, le « 241 Nanterre » : l'établissement propose un « grand salon de société » avec « piano », des « chambres meublées », une « remise pour autos », un « cercle de tennis » et toujours la construction, réparation, vente et location de « canots ». Entre Paris et Rouen, l'Île Fleurie est une étape où s'arrêtent les canots automobiles. Mistinguett et Maurice Chevalier y viennent.
Auguste Lemaire cesse son activité pendant la Seconde Guerre mondiale en 1943.

(Source : Bulletin de l'Association des Amis de la Maison Fournaise, n° 2, octobre 1992, pp. 13-14 ; Anne Galloyer conservatrice de La maison Fournaise de l'île des Impressionnistes à Chatou ; Recherches de Michel Seyler ; Atelier de recherches du Carré des canotiers)

Un seul bateau Lemaire, appartenant au Musée Fournaise sur l'Ile des Impressionnistes à Chatou (Yvelines), est connu : c'est une yole à un rameur en couple et à un ou deux passagers. Avec ses bosses de nage, sa forme est typique des embarcations de canotage des années 1880-1890.

Publié le 15 juillet 2026

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