BA0200
Sharpie de 9 m² MA n° 160
| Propulsion | Voile |
| Longueur | 500 cm |
| Largeur | 144 cm |
| Nombre d'équipiers | 1 équipier |
| Matériaux | |
| Autres matériaux | coque, safran et dérive en acajou |
| Bateau naviguant | oui |
| Présence d'une plaque / marque | non |
Poids : 185 kg
Ce Sharpie de 9 m² et sa remorque ont été achetés par le Carré des canotiers en 2021 grâce à Louis Pillon, historien de la voile, spécialiste de ces bateaux et membre du CA du Carré. Faute de garage pour conserver ce bateau, le Carré des canotiers a établi une convention avec le Cercle de la Voile de Paris fondé en 1858 pour qu’il soit abrité sur le site du club aux Mureaux. Le Sharpie de 9 m² MA du Carré des canotiers est donc accueilli par le club dans lequel est né cette série de voilier en 1938 et où s’y reconstitue une flottille de Sharpie.
La coque du Sharpie de 9 m² MA est en excellent état. Elle est en acajou (ce qui est assez rare pour cette série) et ses appendices, safran et dérive, le sont aussi. Le gréement est constitué de sa voile d'origine en coton (pour les présentations à terre) et d’une voile récente pour naviguer.
Ce Sharpie de 9 m² porte le numéro 160 de la série ; ce qui permet de dater sa fabrication entre 1941 et 1942. Ce bateau est représentatif d’une série qui a été la première à dépasser le millier d'exemplaires construits.
Le Sharpie est né des volontés d'une commission mise en place par le Cercle de la Voile de Paris en 1936 suite aux Jeux olympiques : le bateau à venir doit être rapide et bon marché. La Commission prend contact avec Pierre Staempfli, un jeune architecte naval suisse spécialiste des coques à bouchains. Ce dernier souhaite faire d'une « caisse » un « dériveur de sport ». Le matériau qu’il choisit est innovant, c’est un bordé en bois reconstitué vendu sous le nom de « masonite » par ses concepteurs finlandais. Pierre Staempfli présente son projet à l'automne 1937 au CVP. Si les plans sont signés Staempfli, le club en devient propriétaire. Le jeune architecte DPLG et membre du CVP, Jean Jacques Herbulot, construit le prototype et procède à ses essais sur le bassin de Meulan. Suite aux essais, Herbulot modifie les plans, ajoute une dérive plus longue et un safran relevable. Le plan de voilure est aussi modifié. Herbulot choisit de simplifier la construction pour qu'elle devienne accessible aux amateurs. Pour Louis Pillon, le résultat reste encore aujourd'hui remarquable tant sur le plan technique qu'économique. Le CVP présente les plans au public en 1937 dans le journal Le Yacht. Comparé aux autres séries du CVP comme le Chat qui coûte 9000 francs ou le Star, 15000, le Sharpie signé par Pierre Staempli ne coûte que 2800 francs. Le CVP vend ses plans pour 125 francs. À la veille de la guerre, une association de propriétaires se constitue et 80 unités sont construites. En 1954, plus de quatre- cent-quarante ont été construits.
Ce monotype est largement documenté au niveau technique par le livret Construis toi-même ton Sharpie ! de G-P. Thierry réédité au Chasse-Marée comme tous les autres Construis toi-même par Louis Pillon.
Source : Louis Pillon ainsi que Louis Pillon, « Le Sharpie de 9 m², Le Chasse-Marée, n°179, juillet 2005, pp. 31-37.
Collection Carré des canotiers
Publié le 18 juin 2026



