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  • Blason de l’Aviron Marne Joinville
  • Blasons des sociétés constitutives de l’Aviron Marne Joinville

150 ans d’histoire et d’aviron à l’Aviron Marne Joinville

Avec l’Aviron Marne Joinville, ce n’est pas qu’un seul club qui fête son anniversaire mais quatre sociétés joinvillaises dont l’AMJ est l’héritière : l’Aviron Marne Joinville est né en 1993 de l’union entre la Société Nautique de la Marne fondée en 1876 et l’Aviron de Joinville qui, lui, est né en 1972 de la fusion de l’En Douce et du Club Nautique de Paris, respectivement créés en 1886 et 1891.
De ce fait, l’AMJ occupe deux bâtiments hérités de ces sociétés qui sont de véritables symboles des bords de Marne : le boat house de l’île Fanac et, au 97 quai de la Marne, l’imposant édifice construit par le CNP à partir de 1932. Le dernier garage de l’En Douce ayant disparu lors des travaux de l’Autoroute A4, seuls subsistent aujourd’hui en Marne, deux de ses premiers emplacements : le garage dans l’aile aval du restaurant de l’Horloge, récemment labellisé Patrimoine d’intérêt régional par la Région Île-de-France, et le garage Lein anciennement Perre.

 Ce patrimoine est exceptionnel par son ampleur et son importance historique. Le garage de l’île Fanac à l’architecture de chalet si caractéristique du XIXe siècle est l’un des joyaux des bords de Marne. La SNM l’a fait bâtir en 1883. Surmonté de vestiaires munis de douches, d’une salle de réception s’ouvrant sur la Marne, d’une bibliothèque et de chambres pour que les rameurs puissent s’entraîner soir et matin avant d’aller travailler, ce temple de l’aviron est à l’époque l’un des plus modernes de France. Il en est de même en 1934 lorsque le ministre de la Santé publique vient sur le quai de la Marne inaugurer le nouveau garage du CNP avec ses travées pour accueillir 200 bateaux, sa salle de « culture physique » et ses 350 casiers pour les sociétaires : dithyrambique, la presse parle d’un ensemble qui fera « de Joinville un des principaux centres nautiques de France » ; ce qu’il est toujours. Avec son architecture fonctionnaliste et sa haute tour d’arrivée, le bâtiment, lui aussi labellisé Patrimoine d’intérêt régional, domine la Marne.

 

Blasons des sociétés constitutives de l’Aviron Marne Joinville

 Soucieuse de l’histoire et des cultures des sociétés dont elle porte la culture sportive et la mémoire, l’AMJ a placé sur la façade du 97 quai de la Marne de jolis médaillons rappelant leurs armes et couleurs. Même si ces blasons ont été réinterprétés tant les sociétés les modifièrent au fil du temps, il est possible de découvrir à travers l’observation de ceux-ci des aspects révélateurs de ce qui les constituaient. Si tous font apparaître leur date de création, des fanions et des palettes d’aviron à leurs couleurs, chacun porte des éléments qui lui sont propres.

 Sur le médaillon de la SNM, la société la plus ancienne, figure le blason de Joinville et de son pont sous lequel passe un bateau d’aviron rappelant que la ville a adopté son nom actuel en 1831 en l’honneur du prince de Joinville qui est l’un des pères du sport de l’aviron en France. À sa fondation en 1876, le blason de la « Société Nautique de la Marne de Paris » arbore les armoiries de la capitale, le drapeau français et son pavillon étoilé ainsi qu’une ancre et des gaffes, symboles du sauvetage. Comme ses consœurs des bords de Marne, la SNM a été créée par des Parisiens vivant et travaillant à Paris qui, à l’heure du développement de « la banlieue nautique », se sont installés à Joinville : ce n’est qu’au XXe siècle que la SNM a abandonné toute référence à Paris. C’est pour cela que le bleu et le rouge, les couleurs de la capitale (qui sont aussi celles de Joinville), dominent sur les blasons et les palettes des ancêtres de l’AMJ. Dès sa naissance, la SNM devient un des piliers du développement de l’aviron français et la concurrente directe du seul club parisien restant du Second Empire : le Rowing Club de Paris – Société des Régates Parisiennes, fondé en 1853, qui, à l’époque, avait son garage à Courbevoie. C’est avec « le Rowing » que « la Marne » crée en 1879 le « match Rowing-Marne » pour faire la promotion de l’aviron auprès du grand public. S’inspirant du match Oxford-Cambridge, ce duel se court en bord à bord sur une longue distance. Il se dispute, pour la première fois en France, en Huit outrigger en 1882 dans des bateaux construits pour la première fois aussi par des constructeurs français, Dossunet et Tellier. Le célèbre peintre de la SNM, Ferdinand Gueldry, représente cette course fondatrice aujourd’hui exposée au Musée Paris Est Marne & Bois. Bientôt les sociétés de province qui, elles aussi veulent faire la publicité de leur sport, l’imitent.

 Le médaillon de l’En Douce avec ses lettres ornées et entrelacées s’inscrit dans une autre esthétique. Comme pour la SNM, une ancre y figurait à l’origine ainsi qu’une pagaie double représentant les périssoires, l’ancêtre du sport du canoë-kayak en France. L’En Douce était un club familial qui fut l’un des premiers clubs à encourager le développement de l’aviron féminin au début du XXe siècle. Il pratiquait l’aviron de randonnée avant de se tourner vers la compétition et de fonder en 1926 une course longue distance contre la montre, le « prix Damala ». L’emblème du CNP ressemble aux anciens trophées avec ses rames et une gaffe en faisceau sur une ancre. Dès sa naissance, c’est une société très sportive qui dispute des courses à l’aviron et, à l’époque où les rameurs pagayaient et où les pagayeurs ramaient, à la pagaie.
Plus récent, le médaillon de l’Aviron de Joinville fusionne les éléments distinctifs de l’En Douce et du CNP : les couleurs des palettes et leur orientation, les lettrines et le fanion à l’intérieur d’une bouée rappelant le sauvetage. Mais les palettes des avirons, longues et étroites des origines, ont été remplacées par des « pelles Mâcon » apparues à la fin des années 1950. L’Aviron de Joinville fut l’une des usines à champions des années 1970-1980 et nombre d’athlètes olympiques s’y entraînèrent.

 Par sa synthèse, le « logo » de l’AMJ est très savant. L’étoile de la SNM, du CNP et de l’Aviron de Joinville ainsi qu’une calligraphie recherchée, rappelant les initiales de l’En Douce, ont été conservées. La bouée est le seul équipement ancien à subsister : elle résume, à elle-seule, l’utilité du sport de l’aviron dont les adeptes sachant nager sont tous de potentiels sauveteurs. Les « pelles haches » en carbone, inventées à la fin des années 1980, signalent le changement d’époque. Le motif aux couleurs des sociétés précédentes, rappelant le parallélisme parfait des rames d’un bateau d’ aviron, a été créé par Sacha Ketoff, un grand designer parisien. Cette fois, les avirons sont verticaux comme si les rameuses et rameurs du club posaient après leur victoire.
De la fondation de la SNM en 1876 à l’AMJ d’aujourd’hui, les victoires, les sélections internationales et olympiques furent nombreuses pour les compétiteurs de ces sociétés joinvillaises. En 2026, avec ses 1500 pratiquants et ses 500 licenciés, le club reste une pépinière de championnes et de champions : il est le 2e club français chez les jeunes et le 4e club performance en élite. Une dizaine de ses athlètes sont sur la liste des sportifs de haut niveau et en équipe de France. Comme ses ancêtres, l’AMJ accueille les étudiants des grandes écoles et continue de pratiquer la randonnée.