BA0196
K2 modèle Accord (Struer)
| Propulsion | Pagaie double |
| Longueur | 650 cm |
| Largeur | 55 cm |
| Nombre d'équipiers | 2 équipiers |
| Matériaux | |
| Autres matériaux | Ponts entoilés et peints. Hiloires en bois. |
| Bateau naviguant | non |
| Présence d'une plaque / marque | oui |
Ce kayak biplace, K2, de course en ligne de la marque danoise Struer a été donné au Carré des canotiers par Monsieur Alain Seitz, collectionneur et ancien kayakiste mosellan du CKCG, le Canoë Kayak Club de Grosbliederstroff, commune frontalière où la Sarre sépare la France de l’Allemagne. Aujourd’hui à « Grosbli », le Canoë Kayak Val de Sarre est installé au bord du canal des houillères de la Sarre. C’est un club soucieux des relations franco-allemandes qui accueille des membres vivant de part et d’autre de la frontière.
Ce bateau est un modèle « K2 Racing - Accord » mis au point en 1956 par Struer. Ce modèle d’une grande modernité de conception a gagné l’or et l’argent aux Jeux olympiques de Melbourne en 1956. Il est en bois moulé et porte un pontage en toile à l’avant et l’arrière comme les outriggers d’aviron ou comme l’étaient les périssoires de courses à la pagaie depuis le XIXe siècle. À l’arrière, il est équipé d’un gouvernail relié à un palonnier que le pagayeur placé à l’avant actionne avec ses pieds.
Ce K2 et son accastillage sont très siglés : il porte sur son pontage avant l’emblème peint de la DKV, Deutscher Kanu-Verband, la fédération allemande de Canoë-Kayak. Le drapeau et le fanion actuels de la DKV sont quasi identiques. Seule la police d’écriture a changé. Mais, contrairement au drapeau et au fanion de la DKV, les lettres sont ici verticales orientées vers le sens de la marche du kayak.
Sur l’un des sièges, l’acronyme du SKB, la ligue de canoë-kayak du Saarland, le land de la Sarre, est peint au pochoir sous l’assise. Le bateau semble être le « SKB 12 ». Manuscrite juste en dessous, apparaît la mention « Undine Saarlouis », le club de canoë-kayak de Sarrelouis, le Kanu-Club Undine Saarlouis e.V. fondé en 1925. Derrière cette assise, l’inscription « Serpentine » est grossièrement peinte. C’est peut-être le nom du bateau. Plus qu’aux boucles de la Sarre, ce nom fait peut-être référence à l’ancien emplacement du club qui après la guerre avait été reconstruit à Pavillonstrasse dans les douves de la citadelle Vauban.
Ces différents marquages permettent de faire des hypothèses et d’imaginer l’itinéraire de ce bateau : de bateau de la ligue de Sarre, ce K2, déclassé dans les années 1960 (Struer ayant développé d’autres modèles), a terminé sa carrière dans l’un des clubs de la ligue. Ce bateau, qui a porté plusieurs générations de compétiteurs, a parcouru des milliers de kilomètres. Sur sa coque apparaissent les blessures infligées au fil du temps par les pagayeurs et les pagayeuses : son gouvernail a été cassé et refait en bois (il n'a pas la même forme que le gouvernail Struer originel) et l’un de ses sièges, qui est sans marquage, est dépareillé tout comme l’une de ses barres de pieds qui, elle, porte le nom – illisible - d’un autre bateau. Dans les clubs, il est fréquent qu’un bateau ancien soit dépouillé de son accastillage pour rééquiper un autre.
Les clubs voulant toujours acheter les bateaux vainqueurs des Olympiades ou des championnats internationaux, ce modèle a été construit par Struer à des centaines d’exemplaires vendus dans le monde entier. Ce bateau danois venant d’Allemagne et qui intègre une collection patrimoniale et historique française illustre la dimension européenne du sujet porté par le Carré des canotiers.
Collection Carré des canotiers
Publié le 3 juin 2026







