Chantiers Pitre et Cie. Publicité dans Le Yacht du 2 juillet 1904 (Source Gallica/BnF)
Chantiers Pitre et Cie. Sortie du Billancourt des frères Renault en 1905 (Source Gallica/BnF)
Chantiers Pitre et Cie. Publicité dans le Bulletin mensuel du Canoë-Club, No 1, mars 1906 (Source BHVP)
Chantiers La Sirène. Publicité dans le Bulletin mensuel du Canoë-Club, No 7, septembre 1906 (Source BHVP)
CH0201
Pitre, Gustave
| Adresse | port de Maisons-Laffitte (Seine-et-Oise*) |
| Début d'activité | |
| Fin d'activité | 1906 |
| Repris par | Gaston de Coninck |
* actuel département des Yvelines (78)
Plus connu sous le nom de « Gustave Pitre » lorsqu’il était constructeur de plaisance à Maisons-Laffitte et pilote de canot automobile, Georges Gustave François Pitre est né en 1863 d’une mère couturière et d'un père cabaretier à la Roche-Guyon. En 1884, il est mentionné sur sa fiche de recrutement militaire qu’il y réside encore et qu’il est « charpentier ». En 1889, après 4 ans dans la Marine puis l’armée, il est domicilié à Paris au 112 rue de Charenton non loin des bords de Seine. Lors de la naissance de son fils aîné en 1890, il est qualifié de « constructeur de bateaux » et il est domicilié au 54 quai de la Rapée juste à côté du constructeur Auguste Tellier dont les ateliers sont au 52. En 1896, à la naissance de son second fils à Maisons-Laffitte, Pitre est toujours mentionné comme « constructeur de bateaux » et il habite au n° 7 de la rue de Paris qui descend directement vers les bords de Seine et le port.
En mai 1903, il forme une société en commandite sous l’appellation « G. Pitre et Cie, constructeurs de bateaux » à Maisons-Laffitte. Les chantiers sont installés sur le port en amont du pont. Les cartes postales de l'époque témoignent de l’extension permanente des installations, des déchargements de bois et de charbon nécessaires pour la construction et pour la machine à vapeur. Travaillant pour le Cercle de la Voile de Paris, Pitre ouvre une succursale aux Mureaux sur le « bassin de Meulan ». En 1905, et comme l’année précédente, les 150 ouvriers des usines Pitre préparent plus d’une vingtaine de canots automobiles pour le Meeting de Monaco.
En dépit de ces tours de force ou à cause, la société est placée en liquidation judiciaire au mois d’août. Cependant, elle est toujours en activité en 1906 et ses publicités sont insérées dans le premier Bulletin mensuel du Canoë-Club en mars. En mai 1906, Le Yacht annonce que Pitre et Cie viennent d’être achetés par Gaston de Coninck. Ce dernier se réclame de Pitre sur ses premières publicités tant la production des Chantiers de Maisons-Laffitte était réputée. Gustave Pitre a fabriqué des bateaux de tous les types mais il s'est distingué dans les yachts, les canots automobiles et les racers, mis au point avec les constructeurs de moteurs comme les frères Renault, Peugeot ou Mercedes (dont le fameux Mercedes IV de Vedrine qui traverse la Manche en un temps record), ainsi que dans les canoës français dont l’un des modèles a été primé au concours du Canoë-Club.
En septembre 1906, Pitre apparaît comme « directeur » d'une nouvelle société, les « Chantiers de constructions navales de La Sirène », toujours à Maisons-Laffitte. Les publicités de cette société restent visibles jusqu’en décembre 1907 dans le Bulletin mensuel du Canoë-Club. En mai 1908, Pitre est recruté par Védrine comme directeur technique de son chantier naval nouvellement créé à Courbevoie. Mais l’expérience tourne court suite à la liquidation des entreprises de Vedrine au printemps 1909. En juillet, Pitre procède à une séparation de biens pour protéger son épouse et ses fils. En 1911, la presse annonce qu’il est recruté comme directeur technique des Chantiers Deperdussin.
À partir du recentrage de l’activité de Deperdussin sur l’aéronautique en 1912, les traces de Gustave Pitre dans la presse s’estompent. En raison de ses compétences, il est difficile d’imaginer qu’il n’ait pas participé à l’effort de guerre entre 1914 et 1918. En mai 1920, ses fils, anciens combattants, se marient à Saint-Jean-de-Monts. L’aîné y est déclaré propriétaire. En 1922, Georges Gustave Pitre, veuf et reconverti en « négociant en grains », fait faillite. Il demeure à l'époque dans le quartier de l'Opéra, rue Godot-de-Mauroy. En 1924, ayant rejoint son fils aîné à Saint-Jean-de-Monts, il y est signalé comme « agriculteur » sous le nom de « Pitre père ». Il y décède à 74 ans en 1937. Ses dernières années en Vendée semblent plus modestes. Dans les années 1930, il produit, toujours sous le nom de « Pitre père », des « meubles rustiques » en forme de branches ou de troncs d’arbres pour « Jardins, Kiosques, Tonnelles, Bancs doubles pour places publiques ».
Atelier de recherche du Carré des canotiers
Publié le 12 août 2026
